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Interview de Marianne Levy : « il ne se passe rien de passionnant dans la vie sans les autres »

Marianne_LevyMarianne Levy est une Parisienne pure souche. Dans sa série « Dress Code et petits secrets », dont le tome 2 vient de sortir, elle nous fait découvrir d’abord Paris puis New York. Auteur jusqu’ici auto-publiée, elle vient de signer un contrat d’édition traditionnel. Comme les héroïnes de sa série, Marianne Levy est discrète, elle blogue en secret derrière un avatar et elle n’aime pas trop les photos, mais en vrai, c’est une fille adorable, fan de De Niro, de comédies romantiques, de cupcakes et de séries américaines.

Pourquoi et depuis quand écrivez-vous ?

J’écris pour la même raison que je lis. Pour vivre les mille vies que la fiction me permet de mener. Il faut se rendre à l’évidence, je ne serai jamais un homme, je ne serai jamais sevrée de cheescake et il est peu probable que j’ai un jour un débat philosophique au milieu d’un lac du Wyoming avec une star de la littérature américaine… L’écriture est un endroit où le principe de réalité n’est pas une fatalité. C’est excitant et ultra addictif comme expérience. Et, très complémentaire avec le journalisme, mon métier depuis vingt ans. 

Parlez-nous de votre dernier roman, de quoi est inspirée cette histoire, dans quel contexte l’avez-vous écrite ?

Je me suis lancée dans « Dress code et petits secrets » sur une irrépressible envie de comédie romantique. Mais mes héroïnes ont pris le pouvoir au fil des pages et le sujet du roman est devenu je crois d’abord l’amitié féminine. Avec le recul, je me dis que je suis totalement inféodée aux Trois mousquetaires. Je suis convaincue qu’il ne se passe rien de passionnant dans la vie sans les autres. J’aurais pu être joueuse de rugby mais je l’avoue, je fais partie des gens qui fuient en hurlant quand un ballon est lancé dans leur direction. Comme je n’ai pas peur des stylos, j’avais envie de me plonger dans la naissance de la relation amicale. Dans « Dress code et petits secrets 2 », je me suis intéressée à un autre type de rencontre, la rencontre amoureuse. Notamment sur le chemin que l’on croit devoir parcourir pour convaincre l’autre. Les joies et les déboires du marketing amoureux…

Vous préférez New York ou Paris?

Ça dépend des jours. En général, le lundi, je préfère New York parce que si c’est lundi et que je suis à New York, cela signifie que je suis en va-can-ces dans l’une de mes trois villes préférées au monde (Londres je t’aime, aussi). Ce qui n’est pas sans inconvénient car cela veut dire aussi que je vais devoir faire des efforts surhumains pour ne pas hurler à tous les coins de rue : je suis à New Yooooork ! Le mardi & le mercredi & le jeudi pour moi, c’est Paris. J’ai des tas de trucs hypra importants à faire ces jours-là. Déjeuner avec mes copines, par exemple, pour faire le point sur nos dossiers. Ça évidemment, c’est ce qu’on écrit dans nos agendas. Parce que 1. tous les sujets évoqués sont d’importance haute. 1 bis. même après un certain nombre d’années passées sur Terre personne n’assume publiquement de livrer ce genre de détails. Le vendredi & le samedi, retour à New York. Avec un planning très serré. S’asseoir chez Katz à la place de Sally et être traversée une demi-seconde par l’idée que la chaise est peut-être vraiment magique. Se balader dans le Lower East Side et espérer croiser Robert De Niro pour lui glisser qu’il aurait pu penser à nous quand même et faire un effort pour rester jeune. Faire le tour du Reservoir et se jurer qu’un jour courir ne sera pas seulement un truc qu’on fait pour attraper un bus. Vivre pour de vrai dans un bon vieux film de Woody Allen. Oui, c’est cliché. Mais l’expérience est magique. Alors, vive les clichés ! Et puis, Paris le dimanche. Pour la blanquette un tout petit peu trop cuite partagée avec les gens que j’aime et préparer notre prochain voyage à… New York.

Les deux tomes de “Dress code est petit secret” sont disponibles uniquement en numérique, êtes-vous vous-même une adepte de la lecture sur ebook ?

Une addicte, plutôt. Je suis totalement dépendante des écrans sous toutes leurs formes. À la maison, il y a une chouette bibliothèque notamment constituée de tous les livres avec lesquels j’entretiens une relation passionnelle. Mais ceux qui sont les plus chers à mon coeur ont leur double dans mon smartphone ou ma tablette. Comme cela, ils ne me quittent jamais. Je m’y replonge régulièrement. C’est une nécessité. J’adore aussi lire les auteurs sur leur travail. Particulièrement les femmes qui écrivent de la comédie. Tina Fey ou Nora Ephron prennent ainsi tous les jours le métro avec moi.  

Travaillez-vous en parallèle de votre métier d’écrivain ? Si oui, comment arrivez-vous à concilier les deux ?

Je suis journaliste. Donc, dans la vie, j’écris et j’écris. Comme je suis critique de séries, cette partie de ma réalité professionnelle nourrit ma fiction. Je regarde et j’analyse jusqu’à vingt épisodes par semaine et j’ai la chance folle de pouvoir rencontrer et interviewer leurs créateurs. Mon école d’écriture a été la critique de séries. Je devrais d’ailleurs dire est la critique de séries car j’ai le sentiment d’apprendre l’écriture tous les jours.

Vous êtes plutôt Mojito ou Cosmo ? Thé vert ou café noir ?

J’aimerais tellement pouvoir répondre Cosmo et Mojito mais je serais immédiatement dénoncée par mes confrères. Nous avons récemment organisé une Christmas party. Ils ont tous pu constater qu’un coca light sans citron, ni glaçons mais avec une paille me suffisait pour me mettre à danser toute seule au milieu du resto comme si j’avais tout appris à Irene Cara dans « Fame »… Ça, c’est pour le soir. Le matin, double expresso.

Quelle est votre journée type d’auteur ? Avez-vous des rites quand vous écrivez ?

Plus que des rites, je me demande si ce ne sont pas des tocs ? Je commence toujours par ranger mon bureau de manière compulsive. Les post-it doivent être perpendiculaires au pot de stylos, par exemple. Cela n’a rien de très original mais chacun de mes romans a sa bande originale. Pour « Dress code et petits secrets 2 », par exemple, je ne pouvais pas commencer à travailler sans entendre la voix d’Ella Fitzgerald. Une fois que tout est parfaitement à sa place, je fais un grand sourire et je tourne le dos à mon bureau pour aller écrire sur mon lit. Cela fait rire tout le monde à la maison. Je consacre presque un an à la construction d’une histoire. Toujours avec les mêmes carnets à spirales roses et violets avec intercalaires. Ils me permettent d’élaborer le scénario, de faire connaissance avec mes personnages et d’explorer le thème du roman. Après cette première phase, je retourne à mon bureau. Et j’entre dans l’histoire pendant toute l’année qui suit. Plus les mois passent, plus cela devient obsessionnel. Des post it fleurissent devant moi sur le mur. Quand le mur a disparu, c’est que j’ai écrit le mot fin.

Vous partez habiter sur une île déserte, vous mettez quoi dans votre valise ?

Une île déserte ? Je dois vous avouer que je ne partirai jamais habiter sur une île déserte. Et c’est tant mieux pour la lutte contre le réchauffement climatique. Car, j’emporterais presque tout. Et d’abord, ceux qui comptent pour moi. Et comme ils comptent pour moi, je voudrais qu’ils emportent tout ce dont ils ont besoin… Aïe, l’empreinte carbone ; )

Vos prochains projets d’écriture, c’est quoi ?

Je travaille sur un roman. Une nouvelle comédie romantique. J’ai dit au revoir avec un petit pincement au coeur aux héroïnes de « Dress code et petits secrets » et je suis en train de rencontrer de nouveaux personnages. Nous commençons à devenir intimes. Ils me parlent. J’essaye de les écouter attentivement. Je sais que je vais devoir les contrarier mais je n’ai pas de scrupules car c’est pour leur bien. C’est impressionnant de commencer une nouvelle histoire. Un peu comme d’essayer de rejoindre New York depuis Quiberon en paddle. Il va y avoir beaucoup de moments compliqués mais aussi des instants miraculeux où l’histoire va prendre vie, s’émanciper.

Votre devise dans la vie ?

« Everything is going to be okay in the end. If it’s not okay, it’s not the end ». Ex aequo avec « Mange ton cheesecake aujourd’hui, tu ne sais pas s’il sera encore là demain et tu n’auras pas envie d’attendre jusqu’à après-demain». 

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