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Vengeance en Prada de Lauren Weisberger – On l’a attendu 10 ans (et on aurait pu attendre 10 ans de plus)

Couverture Vengeance en Prada Lauren Weisberger

On se souvient du Diable s’habille en Prada, des aventures d’Andrea Sachs, jeune fille fraîchement sortie de l’université et embauchée comme assistante à la rédaction de Runway par la terrible Miranda Priestly. On avait apprécié la satire du monde de la mode, on avait assisté impuissants mais passionnés à la métamorphose d’une héroïne sympathique en requine aux Louboutin acérées, on avait applaudi la spectaculaire démission finale.

On entend parler de la sortie de la suite, Vengeance en Prada. La couverture est belle, le titre et surtout le sous-titre (Le retour du Diable) sont alléchants parce que finalement la vraie héroïne du Diable s’habille en Prada, ce n’était pas Andy et ses rêves remisés au placard, mais bien l’inoubliable rédactrice en chef de Runway, Miranda Priestly, son arrogance mythique et ses écharpes Hermès en soie blanche. Avec un enthousiasme qui frise l’hystérie, on attend fébrilement la sortie du livre, on se jette dessus, on le commence, on s’étonne, on s’ennuie, on s’énerve, dans le doute on continue, on va au bout et… on le jette à la poubelle.

L’histoire  :

8 ans après les événements du Diable s’habille en Prada, Andrea a fondé un magazine haut de gamme spécialisé sur le sujet du mariage avec Emily, son ancienne collègue de Runway. Le roman commence par le mariage d’Andy avec Max. Le jour-J, Andy trouve une lettre de sa future belle-mère qui recommande à son fils d’annuler le mariage, persuadée qu’il peut trouver mieux (ce qui de mon point de vue de lectrice, semble être un conseil fort avisé qu’il ferait bien de suivre).

Note : si ne pas s’entendre avec sa belle-mère constituait un motif de divorce (ou un sujet viable pour un roman), il n’y aurait plus de mariages (et beaucoup trop de romans).

On commence la lecture avec quelques millions de flashbacks nébuleux et mortellement ennuyeux, nécessaires pour justifier l’injustifiable, i.e. qu’Andy est devenue la meilleure amie et associée de sa pire ennemie, Emily, et qu’elle a démissionné de Runway pour devenir chroniqueuse sur un blog de mariages puis lancer avec succès et une facilité déconcertante son propre magazine.

On aurait pu croire qu’Andy avait tiré une leçon de ses expériences passées. Grave erreur. À 33 ans Andy n’a pas grandi d’un neurone et reproduit avec application toutes les bêtises du premier tome, sans l’excuse, cette fois, de son inexpérience.

On lit, on lit, on commence à sauter quelques pages et à penser à autre chose et on attend désespérément que ça commence. Vient alors la deuxième partie. Andrea est tombée enceinte et Elias Clark, le groupe auquel appartient Runway et où travaille donc Miranda Priestly, décide de racheter The Plundge, le magazine d’Andy et d’Emily. Enfin, on a droit à quelques vagues et décevantes apparitions du “Diable” qu’on nous avait promis dans le titre, malheureusement quasi-inexistant de cette très très longue histoire.

Au passage, Vengeance en Prada, le retour du Diable est un titre inadapté pour ce récit où il n’est question ni de vengeance, ni de Diable et qui, quitte à mépriser toute logique, aurait tout aussi bien pu s’appeler Star Wars, la menace Fantôme  ou Martine à la ferme. Ceci dit je comprends que le titre approprié, à savoir, Pleurnicheries absurdes d’une trentenaire sans cervelle ait été refusé par le département marketing.

Du reste, même après avoir terminé cette lecture, je n’ai toujours pas compris si c’est Miranda qui se venge d’Andy, Andy qui se venge de Miranda ou (hypothèse la plus probable), Lauren Weisberger qui se venge de ses lecteurs en leur imposant la lecture de ce livre long et décousu aux personnages antipathiques et aux comportements incohérents…

Je m’arrête ici et je ne raconterai pas la fin de l’histoire qui, il faut bien lui reconnaître cette qualité, est imprévisible, du moins pour tout lecteur rationnel puisqu’elle n’a absolument aucun sens.

En conclusion, trop de livres, pas assez de temps et de place sur vos étagères, lisez autre chose ou allez faire des meringues, mais n’achetez pas Vengeance en Prada, ne serait-ce que pour éviter que cette suite ratée et inutile entache le beau souvenir du premier tome, qui se serait suffit largement à lui-même.

That’s all.

Merril Streep ascenceur

Titre original : Revenge wears Prada
Première date de parution : juin 2013
Langue d’origine : anglais
Pays d’origine : USA
Éditeur en France : Fleuve Noir
Parution en France : novembre 2013
454 pages

23 réflexions sur “Vengeance en Prada de Lauren Weisberger – On l’a attendu 10 ans (et on aurait pu attendre 10 ans de plus)

  1. J’aurai du lire cet article avant!
    Dès prise de connaissance d’une suite je me suis précipitée d’acheter ce tome 2.
    Je commence à lire avec avidité mais ça s’arrête vite,
    Une grosse perte de temps et une grosse déception.
    Pourvu qu’ils ne tentent pas d’en faire un film!

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  2. On ne peut vraiment pas avoir la fin de l’histoire? Parce que je n’ai pas l’intention de l’acheter mais je suis assez curieuse de savoir quelle fin aura tout ça… (si je rajoute un « sioplé siouplé », ça aide?).

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    • Bon ok, je te le dis alors mais attention ceux qui veulent quand même le lire, arrêtez vous ici, ça va spoiler grave :
      Elle tombe sur son ex du premier tome par hasard (dans un coffee shop si ma mémoire est bonne) et du coup elle divorce et se remet avec lui (normal, c’est bien entendu le premier truc que tu fais après un an de mariage, tu divorces parce que tu tombes sur ton ex dans un coffee shop…).

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      • Merci!
        Et l’enfant, il est déjà sorti ou il fera comme si son papa, c’était le cuisto (si je me souviens bien)(qui doit avoir son propre resto à la mode qui fonctionne tellement que des peoples y vont)(me trompé-je?)?

        PS: Le coup de la belle-mère qui demande d’annuler le mariage la vieille a déjà été fait dans « Gilmore Girls », et ça donne un épisode génial dans lequel Emily Gilmore pète les plombs.

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  3. Mais noooooooooon elle le quitte parce qu’il a fait dans son dos ce qu’elle comptait faire depuis le début : la rendre riche à millions.
    J’ai été aussi déçue et énervée que toi ! Je l’aurais giflée !

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  4. Mais noooooooooon elle le quitte parce qu’il a fait dans son dos ce qu’elle comptait faire depuis le début : la rendre riche à millions.
    J’ai été aussi déçue et énervée que toi ! Je l’aurais giflée !

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  5. Pingback: Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger ou comment tailler un beau costard au monde de la mode | Chick-Lit et autres Love Stories

  6. Dommage, j’avais adoré le premier livre. Je suis déçue que le deuxième ne soit pas à la hauteur. L’auteur a attendu 10 ans pour écrire la suite…pour rien. Tant pis.
    PS: je découvre ton blog. J’aime beaucoup, j’adore la chick-lit!

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